Renaud - Novembre 2008
Note
de Renaud : Rémi travaille activement sur la question du
numérique. Cet article est une petite contribution de ma part afin de
présenter un appareil que traite par ailleurs Rémi,
sous un angle technique. Je vous conseille la lecture des nombreux articles de
Rémi, notament ceux qui traitent de la question numérique ! Vous y
trouverez une direction, une analyse et une cohérence certaine.
Renaud - Avril 2009
Rémi
dans son analyse du GDL pensait que l'unité avait été conçue
initialement avec une BNC puis qu'un changement de dernière minute
avait produit le remplacement de la BNC par une prise coaxiale. D'autre
part une question récurrente m'est posée au sujet des versions du GDL.
Ces deux questions ont été posées à Paul Mc Gowan, le concepteur, qui a
répondu gentiment :
I don’t remember such a change actually. I think we always had one BNC
and one RCA from the beginning. There was only one hardware version we
made but several software versions. Each software version had the
version written on the EEPROM that contained the software version. The
software versions never made any sonic differences, only stability
differences - so if your unit is working well then you’re probably fine.
Je
ne me souviens pas d'un tel changement (à propos de la BNC), il me
semble que nous avons toujours eu une BNC et une RCA dès le départ. Il
n'y a jamais eu qu'une seule version du matériel, mais plusieurs
versions locicielles. Chaque version logicielle a été installée dans
l'EEPROM (la mémoire programmable du GDL). La
version logicielle n'a jamais produit de différence sonore, seulement
des différences en terme de stabilité. Alors, si votre GDL fonctionne
correctement, tout va bien !
Genesis Digital Lens

Introduction
Le fabriquant d'enceintes étasunien Genesis
proposait en 1996 le Genesis Digital Lens. Il s'agit d'un équipement
fonctionnant comme une interface numérique entre différentes sources et
différents convertisseurs A/D et proposant plusieurs fonctions :
-
anti-jitter (avec utilisation d'une mémoire tampon)
- isolation des sources avec les convertisseurs
- "reformateur" de signal permettant de passer de 16 à 20 bits en introduisant deux formes de Dithering différentes
- amélioration de la qualité du signal SPDIF
-
switch numérique permettant de raccorder plusieurs sources numériques (SPDIF) vers plusieurs décodeurs numérique
- information sur l'erreur d'horloge des sources
-
cerise sur le gâteau, les fonctions sont accessibles par une télécommande complète MAIS obligatoire !
L'appareil est sorti en 1996 aux USA, pour un prix de 1800$, et il a
été disponible en France au prix de 18 000F à l'époque ! Le Digital
Lens a été commercialisé jusqu'en 2003. Il me semble savoir qu'il
existe deux générations de l'appareil, mais je n'en ai jamais vu
qu'une. La génération est identifiable physiquement par la télécommande
qui est différente et je crois savoir que l'appareil dont je dispose
est de génération II (confirmé par le n° de série). La version I est celle dont le numéro de série
est inférieur à 111209. La génération II dispose d'un circuit de
gestion de sortie amélioré.
Voici la brochure commerciale de l'appareil ainsi que sa documentation utilisateur. Vous pouvez aussi consulter sur le site de Stereophile
un article complet sur Genesis Digital Lens couvrant les possibilités
de l'appareil, son fonctionnement et les mesures avec des lecteurs haut
de gamme. C'est en anglais, mais sa lecture est pleine d'enseignements. Voici un autre article assez positif.
Bien
entendu si vous faites partie des personnes pour qui le jitter n'existe
pas, vous pouvez vous épargner la peine de lire les articles relatifs
au Gensis Digital Lens.
La valeur des choses
Ce qui est beau dans ce monde
merveilleux, c'est qu'il y a mille manières de trouver son Graal. Pour
moi, le Genesis Digital Lens est un appareil formidable au moins pour
sa fonction de switch numérique, ce que personne ne peut remettre en
cause. Il permet de connecter un grand nombre d'équipements différents
en entrée et en sortie, de comparer des câbles, de connaître une erreur
d'horloge des sources, de constater que l'erreur d'une source varie
dans le temps... En général à froid un lecteur propose une erreur
d'horloge supérieure à la valeur à chaud. D'autre part le GDL
"améliore" en général la restitution sonore lorsque l'on l'intègre dans
un couple Lecteur / Convertisseur, mais cela est affaire de
subjectivité, n'est ce pas ?
Bien entendu en tant qu'appareil
préhistorique il se contente de 48KHz et se marie uniquement aux autres
appareils préhistoriques tels que les lecteurs Kenwood, Revox, Teac
associés à un Wadia. A ce compte là, qui voudrait aujourd'hui d'un
appareil aussi vieux et obsolète ?
Quoiqu'il en soit, je
disposait d'un exemplaire et surveillait activement la baie pendant
plus d'une année avant d'en trouver un autre en Australie, en
considérant que l'enchère était "no limit" : cela s'est terminé à 700€
rendu en France (port et la taxe d'importation incluse). Le
Genesis est donc un appareil d'une valeur sans limite pour certaines
personnes, dont je fais partie, et semble totalement inutile et dépassé
pour d'autres (limitation à 48KHz par exemple).
J'ai récemment
prêté un de mes deux exemplaires à Rémi. Deux jours plus tard Rémi m'a
envoyé un mail en m'assurant qu'il souhaitait m'acheter l'exemplaire de
prêt ! Il me semble passionné (c'est une de ses qualités) par le
produit - lien vers la page TVC - et j'en suis fort aise car j'apprécie
que d'autres que moi puissent parler des produits que j'aime : cela
m'évite de donner l'impression de soliloquer.
Mon conseil :
essayez un GDL dans votre chaîne "vintage" utilisant une base mécanique
sympathique (un bon vieux Kenwood DP-1100SG par exemple) et votre Wadia
X64, vous serez certainement conquis... Bonnes recherches !
Faut-il rester raisonnable ?
L'avantage
du matériel vintage, c'est de pouvoir acquérir à plus ou moins faible
coût des électroniques plus ou moins prestigieuses. Dans le cas cité
ci-dessus, on peut facilement débourser 1500€ dans le convertisseur et
l'anti-jitter (un Genesis et un Wadia X64 !) et cela sans avoir de
source ! Bien entendu tout cela est avant tout une affaire de budget, de priorité,
d'envie. Et puis à ce tarif, la question du neuf se pose inévitablement. Que propose
aujourd'hui le neuf et que vaut la comparaison avec le vintage ?
Petit traité de connectique
Voici une photo des fesses de l'appareil :

Le
GDL accepte de fonctionner en 110 ou 220 Volts, à condition d'utiliser
un switch en interne permettant de basculer d'un voltage à l'autre.
Les entrées sont les suivantes (dans le sens de la lecture) :
- optique, fibre optique verre souvent dénommée ATT
- toslink, entrée "plastique" économique initialement proposée par les constructeurs japonais
- AESEBU ou XLR
- BNC (format recommandé par Rémi, proposant de meilleures mesures que le COAX)
- Coaxial, format fréquement utilisé
Les sorties :
- AESEBU ou XLR
- Coaxial
- optique, fibre optique verre souvent dénommée ATT
En
ce qui me concerne, et autant que faire se peut, je préfère utiliser
les câbles "glass" : utilisé largement dans le domaine de
l'informatique, souvent d'une longueur de 2 mètres, ils se trouvent
pour des prix ridicules, sans communes mesures avec l'inflation de
l'audiophilie.
Photos de l'intérieur
Sur
la photo, on voit à droite près de la prise secteur le petit switch
permettant de passer de 110 à 220 Volts. Au dessous ce switch on voit
les deux transformateurs dont un est dédié au buffer de sortie du
Genesis.

Une vue du circuit contenant le micro-logiciel interne en version 1.8

Une vue sur le circuit contenant le micro-logiciel de Dithering en version 1.2 :

Fonctionnement
Le
Genesis propose donc plusieurs entrées et plusieurs sorties numériques.
L'appareil accepte un signal SPDIF de 32 à 48KHz. Le signal
SPDIF peut ensuite être traité :
- Le GDL sépare les
informations audios des autres informations fournies par le flux SPDIF
(information d'horloge, de canal, de bit de protection etc...) et
reconstruit un signal audio en utilisant une horloge de très haute
précision et sans jitter
- Après le traitement l'extraction des informations audio du signal, le résultat est envoyé dans un étage tampon de 512k
- Une
fois en mémoire tampon, le GDL peut modifier le signal audio en passant
de 16 à 20 bits et en ajoutant du Dither (bruit aléatoire numérique)
- Le
GDL reconstruit le signal SPDIF en utilisant sa propre horloge de haute
précision compensée en température et isolée des autres composants,
puisque disposant de sa propre alimentation (transformateur séparé !)
et couplé optiquement.
A propos des
erreurs d'horloge des sources, le GDL en affiche l'erreur en PPM .
Certaines sources sont à zéro, d'autres sources sont assez faible, de
l'ordre de 5 ou 10 ppm, et d'autres jusqu'à 30ppm. Au delà de 30/50ppm
les sources ne semblent plus être de très bonne qualité d'un point de
vue sonore. La sortie du GDL est garantie à 5ppm. A noter que ma carte
RME installée sur mon PC et donnée pour <1ppm par le fabriquant, est
vue à 0ppm par le GDL.
Quoiqu'il en soit, l'étage tampon permet
de corriger des erreurs jusqu'à 1000ppm (je n'aimerai pas écouter une
source aussi mauvaise !). Le GDL, en effectuant l'extraction de
l'audio, permet d'envoyer vers le DAC un signal corrigé et juste,
d'après ses concepteurs. En pratique, une source affichant un taux
d'erreur élevé, propose un signal sonore qui parait "sale" à l'écoute.
D'un autre côté, un taux d'erreur faible ou affiché à zéro depuis une
source n'est pas la garantie d'une meilleure expérience sonore.
Et
pour conclure, le jitter n'est pas totalement éliminé par le GDL, il
est simplement atténué. L'autre résultat très positif du GDL, c'est sa
capacité à produire un signal SPDIF excellent, ce qui permet ensuite au
DAC de travailler dans les meilleures conditions : l'écoute est
significative !
Résultats d'écoute
En
utilisant le mode 20 bits et le Dither de type 1 (D1), avec en DAC un
convertisseur de type Wadia X64-Digimaster et en source de nombreuses
platines différentes (Teac P2 P10 VRDS-10, VRDS T1, Kenwood DP 1100 SG,
Mircomega CD1Pro, Onkyo 711, Carte Son RME...) la proposition sonore
semble meilleure. Selon les sources, le résultat est de
subtilement meilleur à terriblement meilleur, et le GDL à tendence à
lisser la qualité des sources. En résumé le son semble "plus propre",
comme si l'on
avait reculé le bruit de fond, la sensation d'espace, de profondeur et
de niveau de détails est bien meilleure.
Avec une source un peu
ancienne, telle qu'une bonne vieille Kenwood DP1100SG, l'amélioration
est SPECTACULAIRE ! Par contre, les vieux REVOX ne me semblent pas
très bons, avec ou sans GDL. Avec un très bonne source (par exemple une Teac
P2), la différence à tendance à s'amenuiser, bien que le mode 20 bits /
D1 semble améliorer le rapport signal / bruit et donner un petit coup
de pouce sur tous les paramètres : finalement l'écoute comparative avec ou sans GDL donne l'avantage au GDL.
Améliorations
Rémi en parle dans son article d'analyse technique du GDL.
Un peu d'histoire
C'est
Paul Mc Gowan qui travaillait chez Genesis qui a mis au point le
Digital Lens. L'entreprise Genesis a connu un parcours difficile, et
Paul est parti à la fin des années 1990 pour créer PS Audio. Un
petit mot pour dire que PS Audio est surtout connu pour ses
"reformateurs" de courant, les produits sont fantastiques et se vendent
très bien, mais ce n'est pas le sujet.
PS Audio a racheté les
droits d'utiliser le nom Digital Link a Genesis. Dès 2000, PS Audio,
enfin Paul McGowan, envisageait la commercialisation d'un Digital Link
II, prévu pour 2001... Qui je crois n'a jamais vu le jour : PSAudio a
réalisé une étude de marché au moment de l'essor du Home Cinema, et le
potentiel de vente, la réalité du marché et les capacités de R&D
ont eu raison du produit.
Par contre PS Audio commercialise le
Digital Link III qui est un convertisseur : au moins le rachat du nom
débouche sur quelque chose !
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