The Vintage Corner


Luxman  -  Lecteur CD Luxman D-107u 

Renaud, février 2008 - mars 2008



Présentation Technique

A sa sortie, le Luxman D107u représentait le sommet de la technologie proposée par la marque, en même temps qu'un choix original ! En effet, avec une base mécanique soignée, une conversion numérique analogique au sommet de l'époque, Luxman associait une étage de sortie / filtrage composé de tubes et transformateurs ! L'appareil obtient en février 1991 la distinction "Muses d'Or" de la revue "L'Audiophile".
 
Quand on ouvre le capot du Lulux, on est surpris par plusieurs points. Tout d'abord, Luxman n'a pas lésiné sur les feuilles de cuivre, certainement pour contenir le rayonnement des différents composants. Le capot lui même est tapissé en plusieurs endroits et dans le boitier lui-même, les transformateurs, les convertisseurs et d'autres circuits intégrés, les gros condensateurs... Enfin de nombreux composants sont recouverts de feuilles de cuivre. Autre point, le Lulux donne une impression d'appareil "mal fini", de prototypes. De nombreux câblages courent à travers le boitier, et ce qui laisse vraiment dubitatif, c'est la position des tubes en façade. Certes, d'un point de vue esthétique le client y trouvera son compte, mais d'un autre côté le signal traverses deux fois le boitier, des convertos vers les tubes, puis des tubes vers les transfos de sortie, et tout cela avec du câble dont je doute de la qualité supérieure. D'autre part, les tubes sont difficilement accessibles : je suppose que Luxman n'avait pas prévu qu'ils soient changés, misère !
 
Enfin bref, l'ouverture de la bestiole laisse une impression mitigée : optimisations par exemple avec le cuivre largement distribué, et "foutage de gueule" avec ces tubes en façade pour amuser la galerie, alors que situés près des transformateurs le positionnement eut été plus logique. Assurément la logique commerciale ne correspond pas à la logique idiophile.
 
La section mécanique du 107 est orientée "chasse aux vibrations parasites". Les pieds sont spécifiques (toutefois moins sophistiqués que pour le Kenwood 1100SG). La partie lecture du CD est en position centrale, un choix de Luxman permettant de mieux gérer les vibrations. La mécanique en elle-même est composée de deux parties en acier d'une épaisseur respectable. Les deux bâtis sont séparés mécaniquement, toujours dans un soucis de meilleure gestion des vibrations. Le caoutchouc absorbant est distribué en plusieurs endroits du palet presseur.
 
La partie conversion du lecteur s'appuie sur deux convertisseurs séparés, un pour chaque canal. Les convertisseurs ne sont pas du tout-venant, mais des exemplaires prélevés sur la chaine de fabrication et "sortant du lot" par leurs résultats supérieurs aux mesures. Le circuit implémente les réglages optionnels des convertisseurs et les réglages ont été effectués pour en tirer le meilleur parti.. Le Luxman travaille avec un suréchantillonage x8 en 18 bits.
 
Après les convertisseurs, et voila bien le point original de ce lecteur, se trouve la partie composée d'un tube, d'une capa, et d'un transformateur de sortie (pour chaque canal). Point de filtre sophistiqué à cause du suréchantillonage, ce sont les transformateurs de sortie qui en assurent le rôle. Les tubes sont des 6CG7, et chaque tube n'est utilisé qu'à moitié, l'autre moitié étant reliée à la masse ! Le principal point noir du suréchantillonage étant la nécessité d'un filtre complexe, la solution retenue par Luxman est simplissime et donne très envie d'écouter le résultat ! Notez que cet article sera complété dans quelques semaines par un CR d'écoute avec des tubes neufs ET rodés... Quelle impatience !
 
Début 1991, le Luxman représentait une sorte d'affaire : les technologies mises en œuvre représentent le meilleur disponible associé à un étage de sortie original et prometteur, mais d'un autre côté il semble que les ingénieurs aient livré un prototype au circuit non finalisé, plutôt surprenant pour une marque aussi prestigieuse !
 
Le capot et ses plaques de cuivre, je crois que c'est la première fois que je fais une photo de la sorte :
http://i173.photobucket.com/albums/w48/renaudmumu/Luxman/InsideD107u/ca1b02ef.jpg
 
Les transformateurs de sortie :
http://i173.photobucket.com/albums/w48/renaudmumu/Luxman/InsideD107u/cd5821f6.jpg
 
Attention aux câbles !
 
http://i173.photobucket.com/albums/w48/renaudmumu/Luxman/InsideD107u/a602454b.jpg
 
The platoche :
http://i173.photobucket.com/albums/w48/renaudmumu/Luxman/InsideD107u/791d35f8.jpg
 
On va récupérer le cuivre pour le revendre :
http://i173.photobucket.com/albums/w48/renaudmumu/Luxman/InsideD107u/35972d77.jpg
 
La méca centrale :
http://i173.photobucket.com/albums/w48/renaudmumu/Luxman/InsideD107u/b1f8c04b.jpg
 
Carte conversion :
http://i173.photobucket.com/albums/w48/renaudmumu/Luxman/InsideD107u/52e6fc83.jpg




Compte Rendu

Chalut les aminches...
 
Donc, comme c'est moi qui dispose en ce moment du lecteur de Manga, je reposte une ou deux tophs et publie mon petit CR avec son accord.
 
C'est un très bel appareil, les photos ne lui rendent pas justice. Il est beau, gros, et l'étude ergonomique est excellente. Par exemple, l'affichage est superbe et informatif, mais au bout d'un moment on aimerait ne plus le voir, durant le calme de la fin de soirée. Qu'à cela ne tienne, c'est prévu, on peut baisser l'intensité lumineuse et même l'éteindre totalement ! Le nombre de fonctions est impressionnant, et cette surenchère est exactement le contraire d'un certain haut de gamme totalement dépouillé.
 
Les tubes en façade sont "temporisés" lors de la mise sous tension (l'afficheur, décidemment très user friendly, effectue le décompte). Néanmoins, si l'on préfère avoir des tubes "à la bonne température", un bouton pre-heating permet de conserver l'alimentation des tubes 24h/24h. Quel luxe tout de même.
 
Dans ce florilège de fonctions et possibilités, je regrette par contre l'absence de sortie numérique, ce qui ne me permet pas de me faire une idée de la qualité de la mécanique, indépendamment de la partie conversion. Cela oblige donc à écouter l'appareil "entier", ce qui après tout, n'est pas une violation des conventions de Genève.
 
En écoute, je trouve l'appareil musical. Qu'est ce que ce terme signifie ? Et bien cela indique que, contrairement à un Marantz CD 75II que l'on a hâte d'éteindre, passer quelques heures en compagnie du Luxman est une expérience positive. Globalement, l'appareil est moyen dans tout les registres. Le grave est présent, mais ce n'est pas hyper ferme ni exceptionnellement dynamique, le médium manque un petit peu de détail, et le haut du spectre s'atténue en pente douce. L'écoute est douce, mais me semble manquer un peu de dynamique : ce Luxman n'agressera personne. Très honnêtement, je serais curieux d'écouter l'appareil avec des tubes neufs, je pense que ceux en place sont en fin de vie et sont à l'origine d'un résultat d'écoute seulement moyen.  
 
En conclusion, je dirais que pour moi même, je n'achèterais pas cet appareil, à cause de l'absence de sortie numérique qui m'empêcherait d'en profiter avec mes différents convertisseurs. Par contre, si je l'avais, je le garderais !
 


 
Edit : Manga est décidé, changeage de tubes en perspective.

 
 



Photos











Mécanique centrale, transfos de sortie et "filtrage" par tubes !




Numérisation du catalogue Luxman par l'ami RAMU