Introduction
Daniel
Shär a d'abord effectué un cursus d'Etudes Supérieure d'électroniques,
puis fut ingénieur du son dans un grand studio parisien, puis employé
de la célèbre entreprise américaine Mark Levinson, puis responsable des
produits chez Harman (source NRDS novembre 1988). Ensuite Daniel Shär a
créé la société Mircomega. En 1987 Micromega va proposer le CDF1 : à ce
moment, Micromega est la seule société française à fabriquer un lecteur
CD. En même temps, c'est un des premiers lecteurs "drive" qui est
proposé sur le marché, et c'est presque certainement le premier à
proposer le chargement du disque comme une platine vinyle. Micromega
précurseur, Micromega constructeur français, Micromega fabriquant de
produits originaux : vive la CD f1 digital !
Cette superbe
platine CD est sortie en février 1987, pour un prix de 14 000 F, soit
environ 3200€ de 2009. Comme il ne s'agit que d'un drive, Micromega
proposait de l'associer avec le convertisseur Micromega Duo pour 5000 F
de plus. Alors, Monsieur Daniel Schär, que proposiez vous pour le prix ?

Prendre
l'appareil en main réserve une petite surprise : le poids de la machine
est surprenant, on a la sensation d'un objet ayant une densité élevée.
Une fois posée sur son support, alors que l'on regarde l'appareil, le
superbe boitier en aluminium brossé et le capot en altuglass ravissent
la vue : le lecteur est beau et d'une forme peu commune. Dans la
terminologie audiophile, peu avare d'anglicisme, le "CDF1 Digital" est
un "drive", c'est à dire un lecteur CD sans convertisseur intégré. Non
content d'être un drive, le CDF1 Digital présente la particularité de
s'utiliser (un peu) comme une platine vinyle. En effet, ici point de
courroie, de pignons ni de chariot pour déplacer la mécanique de
chargement du disque : l'utilisateur soulève le capot, dispose son
disque sur l'axe de la mécanique, pose le palet presseur en fibre de
carbone, repose le capot, et en avant la musique !

L'afficheur
est classique des machines d'origine Philips de l'époque. Il indique la
piste en cours de lecture par l'intermédiaire de quatre digits... Et
basta ! Le bandeau des touches permet de réaliser les opérations
habituelles (et davantage que celles proposées par une Teac P10 par
exemple), les contacteurs sont moyennement agréables au toucher et l'on
préférera certainement la télécommande : en réalité on sent le film
très fin posé devant le contacteur et cela donne l'impression de
pouvoir s'user à la longue. En revanche, inutile de trop prendre soin
de la télécommande, n'importe quelle Philips fera l'affaire. Enfin,
vous l'aurez compris, on est à l'opposé d'une Kenwood DP1100SG
contemporaine du CDF1 : le Micromega n'a pas d'écran d'affichage de
type "tableau de bord d'Airbus", au contraire il s'agit d'une machine
dépouillée de toute fioriture d'interface, le Micromega est une machine
à l'évidente simplicité.
Les fesses de l'appareil (que les
personnes chastes sautent ce paragraphe) montrent, en partant de la
gauche, une première sortie numérique à la mode japonaise, c'est à dire
en format Toslink. En effet, Philips innovait en 87 pour doter ses
platines d'une sortie numérique sur fibre plastique. Ensuite se trouve
la sortie européenne classique sur connecteur coaxial. A noter qu'en
1988, dans son article sur le CDF1 Digital, la Nouvelle Revue Du Son
préférait la sortie optique. Comme l'indique Rémi : "C'est instructif
car depuis le début de l'interface optique avec une bande passante
limité à 5 Mbit/s est bien moins performante que les interfaces sur
coaxiales même avec des connecteurs RCA dont la bande passante est de
25 Mbit/s. Une interface performante offre aujourd'hui une bande
passante de 160 Mbit/s. A force de raconter des conneries pendant 20
ans, la revue perd des lecteurs et finalement, on disparait !". Le
radiateur métallique souvent rencontré sur les machines Philips /
Marantz est aussi présent et puis l'on trouve le connecteur IEC 220
volts.

Utiliser
la Micromega CDF1 Digital est une expérience excitante : lorsque l'on
manipule et que l'on regarde la platine fonctionner, on a le sentiment
d'avoir en face de soi un objet hors norme, un appareil dont le dessin
échappe au temps. Si le Marantz 10B figure au musée d'art contemporain
de New York, alors assurément il devrait y avoir une place pour le
Micromega : cette platine est superbe et c'est un plaisir d'associer
l'écoute de bonnes musiques avec un appareil aux lignes aussi
superbement et simplement belles !
Philips CDM1-MkII
La
Micromega CDF1 est motorisée par l'imposante mécanique CDM1-MkII de
Philips. Il s'agit d'une mécanique "à bras galvanométrique" (système
utilisé jusqu'aux CDM-9 et CDM3, abandonné depuis la CDM12) :
reconnaissable entre tous, ce système montre un chemin de tête de
lecture en arc de cercle, contrairement au système à trois faisceaux
dont le déplacement est linéaire.

La
CDM1-MkII venait s'inscrire, dans le bestiaire de Philips, à la
suite les CDM0 et les CDM1. Il s'agit d'une lourde et volumineuse
mécanique, d'une taille inhabituelle, toute en métal, installée dans
les lecteurs positionnés plutôt dans le haut, voire le très haut de
gamme dans les années 1987 à 1989. Un peu moins d'une trentaine de
machines différentes auront utilisé la CDM1-MkII, dont voici une petite
sélection :
les habituelles machines anglaises de qualité connues des audiophiles : Arcam (Delta170), Cambridge (Audio CD3 et CD3M)
- l'EMT
981 Pro, platine destinée à l'usage intensif en radio (platine
Broadcast), vraiment très laide (trop pour être installée dans un
salon) mais proposant des fonctions spécifiques telles que la
compression ou le varispeed !
- Grundig 9009 Fine Arts, machine très désirable, sorte de champ du cygne de Grundig
- de l'autre côté de l'Atlantique, quelques Krell (CD-1, CD-DSP x, MD2x) bien entendu prétentieux et très onéreux
- chez
Marantz, le méconnu et trouvable pour des clopinettes CD75MkII qui sera
l'objet d'un article dans les semaines qui viennent (comprendre d'ici
quelques mois, cela fait des années que l'article est commencé, j'ai
déjà rédigé le titre "Marantz CD75MkII"), ainsi que les onéreux CD-80
et 85 et le CD880J
- chez le cousin Philips, les CD-80 et 85 et
le CD880 (admirez la correspondance de nomenclature !), ainsi que le
drive CDD882 à associer au DAC960
- d'autres machines tels que les Proceed (PCD x)
- la Revox B226 S/E
A
noter que de nombreuses platines utilisant cette mécanique embarquaient
(haut de gamme aidant) une version triée du convertisseur 1541, la
version Single Crown ou S1 pour les intimes : l'EMT, le Grundig, les
Marantz CD80, CD85 et 880J (ainsi que les cousins Philips) et la Revox.
Le
Cambridge CD3, pour sa part, se contentait de quatre (oui oui, quatre,
on a presque envie d'écrire quatre avec un "s" !) TDA 1541A !
Bien entendu tous ces appareils sont très recommandables et vous pouvez croire que la CDM1-MkII est plutôt fiable !
Revenons
à notre drive pour indiquer que la mécanique Philips est installée dans
le lecteur Micromega d'une manière un peu particulière. La platine
repose sur trois pieds, dont deux sont des supports mous utilisant un
matériau de type "P.M.M.A." (peut être l'acronyme de Putain de Matériau
Mou de Micromega Antivibratoire ?) et le troisième support est un point
dur, la mécanique venant entrer en contact sur un système composé d'une
bille installée au sommet d'une petite colonne métallique fixée dans le
châssis. Tout cela est réalisé dans le soucis d'écouler proprement les
vibrations. A noter que le boîtier lui même utilise deux pieds en
caoutchouc et un troisième pied métallique en forme de pointe, toujours
pour écouler proprement les vibrations mécaniques. Cette disposition
est la marque du haut de gamme Micromega que l'on retrouve sur le CD3.0
et CD3.1. Un TDrive 2 par exemple n'en dispose pas.
La bille
repose sur un pied solidaire du châssis, alors que sur la mécanique
elle même on voit descendre une colonne qui ne touche pas le châssis.
Deux autres colonnes sont positionnées à l'arrière de la mécanique, de
la même manière. Il est probable que ce soit les pièces d'origine
Philips que M. Shär ait choisit de laisser en place.

Sur
cette photo de côté, ont voit le système de silent-bloc. On distingue
aussi deux colonnes jaunes fixées à la mécanique mais qui ne vont pas
toucher le châssis. La petite carte bleue à gauche est celle dotée d'un
détecteur optique permettant de savoir que le capot est fermé et qu'un
disque est en place.

Ci dessous le détail du pied mou.

C'est
l'utilisateur qui ouvre le lourd plateau en altuglass et pose le disque
sur l'axe de la mécanique, avant de disposer le palet presseur. Deux
remarques relatives à ce "mode de chargement" du disque :
d'une part
on gagne en fiabilité, car il n'y a pas de chariot à ouvrir et fermer,
c'est à dire que l'on se dispense de l'utilisation de pignons et de
courroies dans le système de chargement, pignons et courroies qui sont
la plaie des platines vintages !
d'autre part le disque est posé
directement sur l'axe métallique : on ne peut rien casser ! Au
contraire, certaines platines Micromega plus récentes à base de CDM9/45
et CDM9/65 utilisent un petit clip en plastique sur lequel le disque
doit être fixé, clip qui casse trop facilement !
Comme on le
voit, l'utilisation d'une belle mécanique, l'absence de pièces
mécaniques pour le chargement et de clip pour fixer le disque, tout
cela concours à une fiabilité supérieure : on ne pourra que recommandé
le CDF1 sur le marché de l'occasion !
Alimentation
Pour
ce modèle Micromega utilise un transformateur torique... Il faudra
attendre un peu pour voir apparaître les Shaffner utilisé dans les
drives des générations suivantes ! Il faut comprendre : lors de la
création d'une société, il faut industrialiser rapidement une première
machine, d'ou un aspect extérieur irréprochable, et à l'intérieur des
solutions d'attente. Le gros attrait d'un torique est facilement
logeable et achetable sur catalogue. De plus, en 1988, un torique dans
un drive est une solution satisfaisante pour les premiers essais
journalistiques, personne ne reprochera ce choix.
Par la
suite ou Micromega a conçu ses propres cartes, par soucis de
simplification, avec un transformateur moulé Shaffner avec les
multiples enroulements nécessaires pour un drive. Aujourd'hui ces
transformateurs ne sont plus disponible, seul des stocks existent car
le fabriquant a cessé leurs production.
Asservissement
Sur
la photo ci-dessus force est de constater que nous sommes en présence
d'une machine Philips : la mécanique CDM1 MkII et la carte électronique
du géant sont reconnaissables. Le CDF1 est une des premier "drive" du
marché et le premier produit proposée par Micromega. Par la suite,
Micromega réalisera ses propres cartes de gestion de la mécanique,
régulation, horloge et sortie SPDIF (ouf !) mais pour ce premier modèle
c'est une gestion Philips qui est une carte sous équipé par rapport à
celle d'un lecteur classique : il manque un NA en bas et à droite un
DIL28 et plus haut on remarque l'absence des filtres analogiques et
amplis de sortie.
Comme le précise Rémi : "On retrouve donc le
SAA7220P/B qui est un circuit multifonctions dont a besoin seulement de
l'encodeur SPDIF, mais pas du filtre numérique car la sortie SPDIF est
la sortie intermédiaire avant le filtre numérique avec beaucoup (120)
de taps mais le TDA1541, le convertisseur numérique / analogique n'est
pas présent".
Bien entendu cette carte Philips fait un usage
intensif de la technologie de l'époque, à savoir les griplets, mais
pour l'instant ce lecteur ne présente pas les symptômes habituels des
petits dysfonctionnements aléatoires générés par les mauvais contacts
et pafaitement analysé par Jem. Quoiqu'il en soit, un petit coup de fer
à souder réglerait le problème si cela était nécessaire.

Derrière
la mécanique, lorsque l'on regarde la platine de face, se trouve un
petit circuit de couleur bleue sur lequel est installé un capteur
optique. La logique de contrôle se dispensant d'un chariot, le CDF1
teste la fermeture du capot par deux contacts (en bas, à gauche et
droite de la photo) pressés par de petites tiges présentes sur le
capot, et la présence d'un disque détecté par le capteur optique à
l'arrière de la mécanique.
On notera, en plus de la sortie SPDIF
coaxiale une sortie Toslink (otique en plastique à la mode japonaise)
et les deux orifices dans le châssis pour les prises RCA analogiques,
orifice bouchés par la plaquette "Digital Outputs". Vu la place
disponible, l'ajout d'un module d'horloge et d'une sortie SPDIF de très haute qualité nous tendent la main, d'autant qu'il n'y aura même pas à percer la boiboite !
Note sur la Micromega CDF1 Pro... Et les autres !
En capitalisant sur son premier lecteur CDF1, Micromega mettra sur le marché cinq appareils différents ! Récapitulons :
- le Digital (seulement drive) objet du présent article
- le
Premium : intégré identique au CDF1 (mécanique CDM1-MkII, carte
Philips) mais avec en plus deux gros transformateurs et une carte de
conversion DAC assez imposante
- le High Tech, le Pro, le
Classique, machines identiques sous le capot, mais avec des
présentations différentes, et utilisant toutes trois une CDM2 en
résine, une mécanique plus économique, en résine, utilisée dans les
appareils d'entrée de gamme (préférez donc les autres modèles).
Nettoyage !
L'appareil
est facile à démonter. Vers l'avant de la platine, sur les côtés, se
trouvent deux vis (à gauche et à droite) et ce sont trois vis
supplémentaires aux fesses du boitier qui viennent fermer l'ensemble.
Une
tôle en U permet de faire la liaison entre les flancs en aluminium. Le
capot est tenu par les flancs en aluminium. Sur la partie supérieur se
trouve l'arc de cercle permettant le déplacement de la tête, le
décochement pour l'axe de la mécanique. A noter que les éponges ne sont
pas utilisées lors de la lecture, mais il doit bien se trouver quelque
idiophile persuadé que l'élimination des parasites intra-gallactique
est totale et ayant un grand impact sur l'écoute, élimination réalisée
par l'intermédiaire de l'éponge magique (en vente au prix spécial de
1200€) à base de pilou pilou.

Deux petits mots sur l'écoute
Une
anecdote pour commencer. J'ai d'abord écouté un vieux disque sur la
Micromega, puis j'ai sorti le disque de la platine et l'ai disposé dans
un lecteur dont je connais bien la proposition sonore, le Teac T1 "tout refait" de Rémi.
Au bout du second morceau, la lecture a sauté et j'ai cru que le drive
T1 avait un problème de suivi de piste. En l'occurrence ce n'était pas
le lecteur qui était en cause, mais le disque tout simplement rayé. Je
me suis souvenu alors que les mécaniques Philips étaient à l'époque
réputées pour le suivi de piste : le système Philips dans un tel cas
est plus efficace que le Teac... Ce qui ne préjuge en rien de la
qualité sonore, j'en conviens.
Telle quelle, la platine est un
régal visuel et auditif. Je ne vois pas quelle qualité absente ferait
émettre des réserves sur l'utilisation de la CDF1. Les habitués de la
NRDS et de son vocabulaire noteront les idiomatismes tels que "pouvoir
de définition", "un nombre incroyable d'informations qui resurgissent
avec naturel" et autres "un éclairage nouveau sur les possibilités des
sources digitales".
En connectant la CDF1 à mon système habituel,
je me suis aperçu qu'il s'agit d'une platine qui présente un taux
d'erreur d'horloge très faible, de 19ppm à la mise sous tension, pour
descendre à 12ppm au bout d'une heure : le conseil est donc de laisser
chauffer la mécanique une petite heure, le temps que la température à
l'intérieur du boitier soit stable et que le quartz atteigne sa vitesse
de croisière. Cela est proche de ce que l'on obtient avec les meilleurs
modules de Rémi, intégré par exemple dans sa Teac T1 (de l'ordre de 7 à
9ppm) ou bien dans le Marantz CD75MkII non modifié, mais ce n'est
qu'une seule des informations d'horloge, la "variation" n'est pas
indiquée ! Cela est tout de même exceptionnel pour une platine de 1988
"dans son jus", et ce bon "score" semble corroboré par l'écoute !
Encore
une fois, inutile d'en faire des tonnes sur la prestation "musicale" de
la platine. Bien souvent l'infime différence entre deux drives est
gommée par d'autres "détails" qui peuvent être réglés sans dépenser des
fortunes. La pièce d'écoute est la plupart du temps du domaine de
l'invariant, mais l'ajout de tapis ou de rideaux, la position correcte
des enceintes ainsi que de nombreux petites aménagements qui ne coutent
rien peuvent dépasser le gain en qualité de restitution que le
changement de drive pourrait procurer.
Tout cela pour dire
qu'avant de changer de lecteur, d'envoyer le CD f1 digital dans la
benne à ordures pour cause de grand age, il convient de réfléchir. Je
vois nombre d'audiophile pressés de dépenser leur argent considérant
leur machine comme dépassée : gardez-là et cherchez un meilleur
convertisseur ! Et si vraiment vous voulez dépenser un peu d'argent,
installez un filtre secteur à l'intérieur, il s'en trouve pour moins de
20€, et si la dépense n'est pas assez élevée, alors installez un ou les
deux modules que Rémi propose : une horloge et ou une sortie SPDIF. Si vous êtes persuadé que la sortie XLR est requise, patientez, le module est en cours de finalisation !
La concurrence !

En
1988 / 1989 la concurrence fait rage dans les lecteurs de CD. Comme le
fait remarquer Rémi, le CDF1 est un drive (!), mais en 1987 lors de la
sortie du CD f1 digital, il n'y a pas de drive sur le marché ! Alors il
est bien difficile de résister à l'envie de le comparer aux lecteurs
intégrés ! Une année plus tard, 1988 le numérique est en train de faire
sa révolution. Le format s'est imposé pour durer et les constructeurs
rivalisent d'idées nouvelles, tant sur le plan de la mécanique que sur
le plan de l'électronique (prise de conscience des problèmes de jitter,
apparition des convertisseurs externes -Wadia, Theta, Micromega-, mécaniques "hors normes" -Teac-).

Avec le recul, en 1988 deux lecteurs présent sur le marché sortent du lot. D'un côté nous avons le Kenwood DP1100SG
qui va obtenir les muses d'or de l'Audiophile - lecteur présenté sur
TVC - et qui intègre tout un tas de sophistications : deux
transormateurs blindés, mécanique et chassis spéciaux, circuits
d'horloge DPAC spécifiques, cartes analogiques et numériques séparées,
convertisseurs triés et réglables sur la machine, afficheur géant et
aux multiples fonctionnalités etc... De l'autre côté, nous avons... Le
Marantz CD85, qui reprend les idées du CD94, très haut de gamme
Marantz, mais propose un prix très réaliste ! Ces deux machines sont
dans la même zone de prix (environ 8000 F, soit 1800€ de 2009) et
également appréciées par les audiophiles. Vous noterez, lecteur
attentif, que le Marantz CD85 est évoqué quelques lignes plus haut. Et
pour cause, le CD85 utilise la même mécanique que le CDF1, et de plus
il intègre le convertisseur Philips TDA1541 en version S1 ou "Silver
Crown", c'est à dire trié et certifié de meilleures performances que la
version standard. Le lecteur est à la mode japonaise de l'époque, avec
tous les gadgets obligatoires et même les joues en bois !
Mais
le plus terrible dans cette affaire, c'est qu'un lecteur encore moins
cher que le CD85 semble meilleur à l'écoute, d'après l. Ce lecteur,
c'est le CD75MkII, équipé lui aussi de la même mécanique. Ce qui est
passablement énervant, c'est que le CD75MkII utilise les mêmes
composants que le CDF1 : même mécanique et même électronique, à la
différence qu'il intègre aussi le TDA1541/A et dispose donc du
convertisseur en interne. Par contre, dans le CD75 MkII la superbe
mécanique est "enfouie" dans le plastique, installée dans un châssis
qui se tord à la moindre sollicitation mécanique et il vraiment
connaître le matériel pour savoir qu'une CDM1-MkII motorise ce tas de
plastique ! Pour moi il s'agit en quelque sorte de la preuve que les
ingénieurs de Philips savaient pertinemment que la mécanique sortait
toutes les informations du CD, on était bien loin des supports en zamak
moulé de haute précision. Mais dans le fond, puisqu'ils n'étaient plus
requis, pourquoi y recourir ?
Pour l'époque, et vu la
différence de prix entre une CDF1 et un CD75, il y avait tout de même
de quoi se poser des questions... Aujourd'hui la problématique est
différente. Nous savons que la mécanique extrait toutes les
informations du disque, la question, pour un drive, réside dans le
couple "horloge + Sortie SPDIF". Comme c'est une question à laquelle
nous pouvons répondre avec les modules de Rémi, le choix d'un drive réside maintenant dans le choix esthétique davantage que dans la question du budget.
Alors,
que faire ? Hé bien si votre budget est riquiqui, trouvez une Marantz
CD75MkII pour le moins cher possible ! Si vous aimez les gadgets et les
tableaux de bords, la Kenwood DP1100SG
ou la DP990SG vous tendent les bras, et si vous aimez les beaux objets,
si vous êtes un esthète et que votre porte-monnaie suis, optez pour la
Micromega !

Mille mercis à Rémi, Jean-Paul et Jem.
A la mémoire de Jérôme.