The Vintage Corner


ONKYO - Onkyo DX-708


Renaud, Rémi - Avril 2009

ONKYO DX-708






Présentation

Aujourd'hui un petit clin d'oeil à une platine CD du constructeur Onkyo, une platine qui vingt ans après sa discrète sortie sur le marché européen révèle des qualités sonores exceptionnelles. Il faut dire qu'Onkyo n'a jamais été identifié comme un constructeur haut de gamme. Et pourtant en l'occurrence la Onkyo DX-708, d'origine japonaise comme nombre de ses consoeurs, est beaucoup moins recherchée sur le marché de l'occasion que les platines Teac par exemple, alors que ses qualités la place dans mon listing personnel au moins au même niveau qu'une VRDS 10 et ses déclinaisons. Voici donc quelques lignes sur la belle Onkyo DX-708, sommet oublié de la gamme du constructeur en 1991, et que l'on trouve parfois à moins de 100€ !



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Petite précision liminaire et terminologique, la gamme commençait avec la DX-700 et finissait avec la DX-708. Les deux platines DX-706 et DX-708 sont souvent considérées comme identiques (en vérité elles ne sont que très semblables) et partagent le même User Manual, mais pour "simplifier le tout" ces deux platines ont été commercialisées avec chacune deux références différentes : la DX-706 et aussi nommée DX-6850,  et la DX-708 porte le doux nom de  DX-6870.

La DX-706 a été chroniquée (très favorablement - pléonasme) dans la revue "La Nouvelle Revue du Son" n° 150 de septembre 1991. Le prix indicatif de la 706 était de 4100 F. A ma connaissance la DX-708 n'a pas été l'objet d'article dans la presse française spécialisée.

La DX-708, contrairement à la DX-706, dispose deux deux transformateurs, d'un système de couplage optique et d'un châssis cuivré spécifique qui élève sa masse jusqu'à 8.8 kg, alors que la 706 reste à 8 kg tout rond. Le système d'horloge est aussi sensiblement différent, bien que portant dans les deux machines le doux nom d'Accupulse. Quoiqu'il en soit, les "chiffres" indiqués par le constructeurs sur les mesures de réponse en fréquence, rapport signal bruit etc... sont identiques et bien entendu jamais significatifs.

Laissons-nous aller jusqu'à formuler la question pernicieuse suivante : si les mesures sont identiques et permettent de déterminer la qualité sonore, alors à quoi bon concevoir deux platines différentes et intégrer davantage de technologie dans l'une, pour un prix de vente plus élevé, pour produire le même résultat sonore que l'autre ?

En ouvrant le superbe capot de la DX-708, il est difficile de ne pas penser à la vénérable Kenwood DP1100SG. Pourquoi ? Difficile à dire, peut être l'ordre dans l'implémentation des composants, les doubles transfos, la couleur du PCB, les JRC sur la carte de sortie analogique. Au fil de la découverte de cet appareil les points de ressemblance s'avèrent nombreux, et force est de constater que la production des platines japonaises de la fin des années 80 et début 90 obéissait à des "lois" bien définies en terme de conception, d'interface et de possibilités.

Miroir, joli miroir

Dans les canons des années 1990, la belle Onkyo DX-708 représente un haut de gamme fonctionnel et agréable à utiliser. On est bien loin des interfacesminimalistes des Teac Px - auxquelles il manque même un bouton Stop en façade - et l'on se retrouve en présence d'un équipement propre à séduire les gadgetophiles japonais. Citons dans le désordre et sans aucun soucis d'exhaustivité :

Une ribambelle de fonctions qui tranche avec l'aspect résolument minimaliste de nombre de lecteurs modernes. Mais oui Onkyo DX-708, tes dimensions généreuses, tes fonctionnalités et ta télécommande : tu es toujours la plus belle pour aller danser !




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Deep in the Onkyo DX-708


Soulevons le capot de la DX-708 et après avoir été ébloui par le superbe châssis cuivré, l'usage de la vue étant revenu, effectuons quelques constatations.

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Le capot que l'on a en main dispose d'une plaque en caoutchouc pour absorber les résonances. Le beau châssis cuivré, l'agencement des composants, la belle mécanique centrale, les deux transformateurs séparés et enchâssés dans des capots blindés, les beaux condensateurs Nichikon avec armature en cuivre, tout cela est véritablement agréable à l'œil, même lorsque l'on regarde les dessous de la dame, et a certainementcoûté bien cher en cuivre !



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Par contre, le châssis est moins rigide qu'une Teac P10 par exemple : il ne s'agit pas d'une boîte rigide, mais d'un classique châssis de support, avec des tôles moins épaisses, et comparé au  Teac P10 cela n'est pas construit avec le même soucis maladif de lutte contre les vibrations. Les flancs du DX-708 sont en plastiques et ne sont maintenus que lorsque la fine tôle du capot est remise en place. D'un autre côté, on ne tire pas dans la même catégorie, le prix n'était pas le même.

Le tiroir métallique qui accueille le disque est superbe, on est loin des appareils tout plastique : Onkyo n'a pas mégoté, du moins pas sur tous les plans. Superbement ajusté, métallique, il est fin et sa cinématique est impressionnante de précision. Le discours conventionnel sur le sujet est qu'un tiroir lourd dispose de l'inertie permettant de lutter contre les vibrations (de la mécanique lorsqu'elle travaille. Peu m'importe le discours finalement, habitué aux mécaniques avec un tiroir en métal (que voulez vous, on a chacun ses petites marottes) je manipule avec ravissement celui de l'Onkyo : il est fait pour moi ! Autre avantage, lorsque l'on bricole : le tiroir est marqué "Onkyo" : cela permet de retrouver dans l'atelier le bon tiroir pour la platine que l'on est en train d'ausculter.



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Petite curiosité de ce tiroir : contrairement aux habituelles courroies bien connues de tous qui finissent par s'user, l'entraînement est ici réalisé par une courroie renforcée mécaniquement !

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En dépit de ce que l'on pourrait croire, le DX-708 n'est pas "motorisé" par une lentille Sony KSS-151A (comme on en trouve dans les platines Teac P10 par exemple) : il s'agit d'une  NEC SPU3011 "magnetic".
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L'appellation "magnetic" provient, selon moi, du palet presseur magnétique, situé sur l'arceau très rigide qui prend appui sur les deux faces du cadre entourant la mécanique : moins beau qu'une mécanique Teac métallique, mais de la belle ouvrage !

Un peu d'histoire et de digressions autour de la NEC SPU3011 "magnetic". Elle a été utilisée sur d'autres machines d'Onkyo. Citons donc les 706-708-788F, ainsi que le vénérable 3800 et la série 6750 / 6770 / 6800 / 6850 (706) / 6870 (708) / 6890.

L'Onkyo DX-3800 a été la première "machine" identifiée par les audiophiles (français) et coûtait environ 3800 F. Elle a été chroniquée dans la NRDS en septembre 1990. La série DX a été disponible peu après la commercialisation du 3800, dans les années 1990, en commençant par le DX-700 et le DX-708 venait s'inscrire au sommet de la gamme.

A noter que le lecteur 6890 est une superbe machine (aperçue seulement en photo) qui dispose aussi de sortie XLR. Je suppose qu'il s'agit de la même machine que la 788F, et je suis persuadé qu'il s'agit d'un lecteur véritablement intéressant.

Bonne nouvelle pour toutes ces machines : la lentille est disponible chez JustOne pour un peu plus de 30€ si je ne me trompe pas !


Photo de la tête de lecture NEC SPU-3011 tirée du site de JustOne
 
Et une vue permettant de mieux voir la lentille du 708 :

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La mécanique centrale intégrant cette lentille est une belle construction, avec une toute petite restriction : le moteur à effet Hall que l'on trouve souvent sur les Teac est ici implémenté dans une version "low cost" avec un rail en acier d'un seul côté, et un rail en plastique de pétrole de l'autre côté. Autre ressemblance avec les Teac, on retrouve sur le haut un "portique" métallique qui supporte le "palet presseur", un petit palet magnétique. En matière de moteur à effet Hall, Rémi indique qu'il s'agit surtout d'une mode mais que l'absence de balais laisse aussi espérer une durée de vie supérieure.

De chaque côté de la mécanique sont disposées les cartes que l'on peut décrire grossièrement comme la partie asservissement à gauche et la partie traitement du signal à droite. C'est plutôt beau et propre, à cent lieues du Luxman LV107u (que j'apprécie pour sa musicalité) sans un fatras visible de nappes qui traversent le boîtier : tout cela inspire confiance.

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Une vue de près des deux transformateurs dans leur livrée antimagnétique :


La conversion est confiée à l'attelage de deux SM5861AP ( DAC delta sigma) avec deux SM5813AP ( Filtre numérique sur échantillonneur 8x) dont j'avoue ma profonde ignorance. D'après la documentation il s'agit donc d'un système "delta sigma" à sur-échantillonage octuple. Rémi complète en indiquant le passage de 16 à 18 bits et un filtre spécifique à 153 "taps". En général le passage de 16 à 18 bits produit musicalement parlant un recul du bruit de fond et un gain de linéarité sur les petits signaux.

Pour en savoir un peu plus sur les taps, lire la page du site d'Eric et si vraiment le sujet vous intéresse, alors consacrez dix minutes à la lecture de cet article .
   
La question de l'horloge est abordée avec grand sérieux par Onkyo, puisqu'il s'agit d'un système baptisé Accupulse, un horloge de grande précision compensée en température. Rémi pense qu'il s'agit d'un composant de bonne qualité, meilleur que la plupart des oscillateurs que l'on trouve dans les lecteurs de CD de la même période. En l'occurrence le système utilise un quartz de grande précision très spécifique. La petite soeur DX-706 utilise un quartz enchâssé dans un support en caoutchouc synthétique de type Polysorb, matériau isolant du rayonnement électrique, mécanique et thermique. Dans la DX-708 le système est différent.


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Les sorties disponibles sont au nombre de trois :

Hélas, la sortie SPDIF coaxiale est absente, ce beau bébé se contente de la sortie "japonaise" (dans la jungle des grands fauves de l'électronique japonaise, elle correspondait aux lois de l'évolution) à savoir l'économique TOSLINK optique en plastique. Mais TVC n'a pas dit son dernier mot !

Écoute

L'objectif initial en préparant l'article était d'indiquer au lecteur la présence sur le marché de l'occasion de ces platines proposant des résultats d'écoute très convaincants par rapport au prix constaté (parfois 80€). A mon sens le DX-708 est très loin devant toutes les machines à base de 14 bits motorisées avec les TDA1540 de Philips, c'est à dire les machines de première génération.

La Kenwood DP1100SG est aussi surclassée sur les paramètres d'écoute. La DX-708 est à mon goût une des meilleures platines sur sa sortie intégrée de cette époque (1990), parce que les résultats d'écoute sont véritablement convaincants et cela sans avoir recours à un convertisseur externe. A moins de 100€ voila donc une aubaine pour constituer un système musical sans dépenser des fortunes.

Sur la sortie optique plastique la DX-708 reste toujours surprenante car elle propose la même signature sonore que lorsque l'on utilise son convertisseur interne.

Là où une DP1100SG va paraître un peu éteinte, sombre et analytique, la DX-708 va éclairer le médium aigu avec une belle qualité de timbre, des instruments riches d'harmonique et beaucoup de petits détails. D'autre part la focalisation des interprètes est très précise, c'est d'ailleurs le point saillant de cette platine, une focalisation surprenante. La musicalité est au rendez-vous, le son semble "couler de source", tout est clair et tout semble "facile", dans le sens ou l'on branche et ça marche.

Le seul regret était de ne pas écouter cette platine aux belles promesses sur des convertisseurs externes, par exemple un vénérable Wadia X64 ainsi qu'un moderne Audio Synthesis, afin d'entendre toutes les promesses de la base mécanique se réaliser avec un convertisseur de qualité !

Ce regret fait désormais partie du passé : ami lecteur c'est avec un plaisir non dissimulé que je vais rédiger le paragraphe suivant car c'est la concrétisation d'un petit rêve !

Ajouter une sortie SPDIF de très haute qualité à la platine Onkyo DX-708


Et maintenant, passons à la deuxième partie de notre article !

Rémi a réalisé un module SPDIF BNC de hautes performances. Pour la petite histoire, la plupart des sorties SPDIF (sur sortie RCA) des lecteurs sont mesurés avec des fronts de montée de 15 à 25 nano secondes (ns), et par exemple sur la Teac T1 de Rémi c'est bien 25ns qui ont été mesurés ! Ces performances font que les convertisseurs externes ne peuvent pas travailler dans de bonne conditions car elles induisent un jitter, jitter qui se "retrouve" à l'écoute par une prestation "musicale" décevante. C'est comme si les constructeurs avaient implémenté la sortie SPDIF parce que tout le monde se devait d'avoir une sortie Coaxiale (du moins en Europe), sans comprendre l'enjeu ou s'en donner les moyens.

Le module de Rémi propose des fronts de montée autour de 3ns, ce qui est de l'ordre de 5 à presque 10 fois mieux que le matériel installé par les constructeurs. Ce module offre deux retombées intéressantes :

L'ajout du module est affaire d'une heure de travail soigné : l'installation dans différentes platines montre qu'un peu de réflexion avant de déterminer où percer est important, il faut réfléchir au chemin des câbles et s'assurer que l'on pourra refermer sans que rien "ne touche" !


Dans le cas du DX-708, le boitier spacieux permet de choisir aisément l'emplacement pour installer le module. Autant se placer au dessus de la sortie optique. Le service manual indique ou trouver le signal SPDIF, et d'autre part l'alimentation pour le module dont la consommation est faible ( 17 mA). Plusieurs points sont possibles, mais le plus confortable est de se connecter au dos de la carte analogique : tout est disponible sur le même connecteur, le chemin des câbles est réduit.

Le trou dans le boitier est effectué, il faut sortir la carte "analogique" pour récupérer les points de connexion signal et alimentation du module.




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Le module est en place (mais pas encore connecté) :

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Après l'installation du module dans ce lecteur, les mesures montrent un superbe signal SPDIF à la sortie d'un cable BNC aux pentes bien raides et indiquent 2.83ns.

Avec le module SPDIF BNC nous avons utilisé un câble adapté : 75 ohms avec des connecteurs BNC Radiall et du câble coaxial RG179 d'origine Nexans. Ce câble "fait maison", malgré des composants de qualité et l'utilisation de connecteurs sertis (plus performant que les connecteurs soudés) est d'un coût dérisoire par rapport aux câbles numériques vendus par le truchement des magasins hifi (environ 50€, peu importe la longueur, ce sont les connecteurs qui sont onéreux).

L'association avec les convertisseurs est superbe. Le Wadia ou l'Audio Synthesys au service du DX-708 exacerbent les qualités sonores déjà ressenties avec le convertisseur interne et permettent d'aller bien plus loin. La localisation des instruments dans un espace sonore en trois dimensions est encore meilleure, le grave gagne énormément en autorité, il descend plus bas avec davantage de niveau, tout en étant plus sec et tendu. Déjà très bon sur les détails, le DX-708 délivre encore davantage de petites informations, tous ces petits bruits qui participent au plaisir d'écoute en rendant la proposition sonore vivante et charnelle.

Voila donc quelques lignes pour me permettre de bâcler la partie "résultats d'écoute". Ce serait comme une sorte d'accord tacite entre le rédacteur et le lecteur : quelques lignes consensuelles pour indiquer que l'on est content, que tout va bien, et basta.

En vérité le DX-708 mérite beaucoup mieux. Si je n'avais pas peur de fatiguer le lecteur, j'expliquerai par le détail toutes les qualités du DX-708. Sur les enregistrements habituels de référence, par exemple le disque Tacha du Trio Soma, l'écoute est grandiose et chaque morceau est un ravissement. L'atmosphère tendue de lors de la prise de son se retrouve à travers chaque note. Si je savais être pris au sérieux, j'indiquerai le plaisir éprouvé à l'écoute du disque de Dave Steward et Candy Dulfer, en détaillant les passages sur lesquels le DX-708 est le plus impressionnant, les bruits du studio, la porte qui s'ouvre et laisse entendre les bruits de circulation... Mais tout cela n'est que vains mots. Depuis que j'ai installé cette platine dans mon système, c'est celle-ci que je désire écouter, j'ai l'impression de perdre du temps si je branche un autre lecteur. Pour comprendre la qualité de cette platine modifiée, le mieux est de l'expérimenter par soi-même. Alors, si vous passez par Avignon et que l'envie de boire un café vous prend...

Mais il faudra que je range avant !

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Et maintenant ?
Comme indiqué plus haut, cette platine est hautement recommandable d'un point de vue sonore. La remise en état pour cause de panne de lentille n'est pas un problème, puisque la tête est disponible chez JustOne.

D'autre part, vous pouvez l'écouter "dans son jus" avec des performances sonores très honorables, c'est certainement un des appareils proposant le meilleur rapport qualité / prix d'occasion. Mais si vous avez un convertisseur externe, vous pouvez utiliser la sortie "plastique" et profiter de votre boi-boite. Et enfin, si vous désirez obtenir le meilleur de la DX-708, le meilleur (pour l'instant) consiste à ajouter un module SPDIF de course : attention, le jeu n'en vaut la chandelle qu'à la condition d'avoir déjà un convertisseur de bonne qualité !