Revox - Revox B126 - B226
Présentation
Renaud
- février - mars 2008
Vers la fin des années 1990
Revox avait proposé trois lecteurs au grand
public. Ces trois lecteurs s'appuyaient sur des mécaniques et des
convertisseurs Philips :
- le Revox B225 sorti en 1984
utilise deux TDA1540P
(14 bits) comme dans le Philips
CD150 de Muzah et Jem
- le Revox B126 sorti en 1987 utilise une correcte
mécanique CDM4/27 et un TDA1541 (16 bits)
- le
Revox B226 sorti en 1987 utilisait une excellente mécanique
CDM1MkII et la même carte de conversion que le B126, à base de TDA1541
A noter qu'il n'y a qu'un
seul Service Manual pour le B126 et le B226 !
Le B226 a été décliné en trois versions :
- le
modèle standard B226
- le modèle signature, noir
laqué, identique au B226 (mais plus cher !)
- le
modèle S utilisant un convertisseur trié de type TDA1541S1 (single
crown)
Surprise,
certains B226 n'ont pas eu droit à la CDM1MkII, et certains
ont
eut la joie d'accueillir un TDA1541S1... Bonne chance
!
Lors de sa sortie en 1984 le B225 proposait une réelle
différence
par rapport aux autres appareils du marché, en proposant une
construction à base de cartes (toutes tordues 25 ans plus tard). La
NRDS dans son n°106 de Mars 1987 lui décernait le décibel d'honneur, et
remettait le couvert avec le B226 en 1987, en affirmant que le B226
pouvait tenir la comparaison avec une bande master, mazette !
Le B226 et du B126 ont de nombreux points
communs et quelques
différences. La différence principale vient de la mécanique utilisée.
Quand le B226 utilise une Philips CDM1MkII (une de mes mécaniques
préférées), le B126 se contente d'une raisonnable CDM4. Bien entendu
les deux cartes d'asservissement sont donc différentes. L'autre
différence est dans la face avant de l'appareil, le B226 devant
justifier sa différence de prix à l'acheteur peu soucieux de technique,
le nombre de boutons est plus important !
Le châssis tout métal est une superbe
pièce, avec un tunnel
central pour la mécanique, la carte d'asservissement à gauche, et à
droite la carte de régulation / décodage / analogique. Le
transformateur et la mécanique sont isolés dans le tunnel, qui sépare
aussi les deux cartes principales. Hélas, toute la partie porte
charriot
qui sert de référence mécanique au palet presseur est en Zamack. Le
Zamack est une saloperie d'alliage d'aluminium et de cuivre qui présente la
particularité de se mouler facilement... Et la curieuse capacité à se
désagréger avec le temps. Pour la petite histoire, c'est avec deux B126
en panne que j'ai refait un B126 en état de marche : sur le premier
B126, la partie en Zamack (la partie grise à droite du tunnel central)
était déformée et s'est brisée dès que j'ai tenté de faire jouer la
mécanique.
Considérez
que vous avez de grandes chances d'acheter d'occasion une machine
"rincée" à cause du guide en zamak. Même si la machine fonctionne, la
pièce tient car elle est maintenue sous tension, mais à la moindre vis
dévissée, attendez vous à voir la pièce se désintégrer dans vos doigts.
La carte de conversion est celle d'un B226, je n'avais que
des B226 sous la main (sortie fixe & variable).
A l'époque, Revox était très fier de sa
logique
d'asservissement de la mécanique : c'est toute une carte dédiée à cette
partie qui se trouve à gauche de la platine, avec un logiciel
spécifique.
Sur la carte de droite, on retrouve de
nombreuses fonctions. Vu d'avion, la carte montre quelques éléments
notoires :
- les condensateurs de filtrage
sont largement dimensionnés et fournis
pas une entreprise allemande proposant des produits de très haute
qualité
- cinq régulateurs sont installés et chauffe
largement le tunnel métallique
- les AOP de sortie sont ceux disponibles à
l'époque, un twouikeur fou commencerait pas les changer
- l'horloge est un simple quartz, sur mon modèle le
taux
d'erreur de la platine est de 103ppm ce qui commence a être un peu
élevé, une valeur de 75 étant fréquente, et mon Marantz 75MkII se
tapant un 7ppm assez régulièrement !
- sur mes différentes cartes (trois disponibles) je
n'ai pas
la chance de disposer de TDA1541S1. La différence avec le matériel
tout-venant, au niveau de la conversion tient dans les petits condos de
découplages de haute qualité. Trois marques différentes sur les trois
cartes, du Wima, ERD, et une autre marque sur la troisième. Ceci dit,
le twouikeur masqué conservera ces composants de qualité et s'attaquera
plutôt à l'horloge "en bois"
- la carte de conversion est un petit bonheur en
terme de
sorties : analogique en fixe et variable, et surtout DEUX sorties
numériques : de quoi alimenter deux convertisseurs pour les ceusses qui
n'ont pas de switcheur numérique.
Restauration
Tout
d'abord, parmi le tas de cartes et composants que j'avais à ma
disposition, j'ai cherché à reconstruire une machine qui fonctionnait,
avant de faire le ménage et de changer les périphéries plus ou moins en
panne. Contrairement à un Luxman D107u typé audiophile qui représente
un enfer mécanique, les Revox sont faciles à démonter et réparer !
A
droite de la carte d'asservissement est disposé le guide charriot en
zamack. Ce guide charriot fait partie intégrante du châssis, c'est une
pièce indissociable. Sur le premier châssis, le tiroir était
complètement bloqué, car le guide en zamack était déformé. En tentant
d'ouvrir le tiroir, le guide a explosé dans mes mains. Sur le deuxième
châssis, le guide est moins tordu. Le tiroir s'ouvre et se ferme à
condition qu'avec la main on l'aide un peu.
On
remarquera le
moteur du tiroir, capable certainement d'animer une tronçonneuse. La
courroie cours le long de la pièce en zamak (pièce grise). Les
connecteurs sont ceux des claviers et de l'afficheur LCD.

Les
deux cartes d'asservissement pour la CDM4/27 sont opérationnelles, et
j'ai conservé la paire carte plus mécanique. Le
porte palet
était totalement désaxé, mais il suffisait de rentrer les clips de
plastiques dans les emplacements prévus. Le palet surprend car il est
aimanté et colle le disque sur l'axe du moteur.
Le
tunnel
central métalique, assurant aussi une fonction d'isolation des
rayonnements et abritant le transformateur dont on voit quelques
spires.
La partie en Zamak est torve et fissurée :

La
mécanique est un peu cachée, la voila de face :

Je
disposais de trois cartes régulation / conversion / analogique, trois
cartes de B226. Certes, mon châssis est un B126, mais comme les cartes
sont compatibles, j'ai utilisé celle qui fonctionnait. Une des cartes
avait été cannibalisée, et l'autre, je la conserve pour tenter une
restauration d'un B226 quand j'aurais le temps.
Voila
une photo parlante :
Condos,
converto, les régulateurs sont collés sur une partie metalique elle
même en contact avec le tunnel : ça dissipe les calories. La nappe à
gauche sert à l'alimentation de la diode verte (the final touch).

Reguls
:

Petit
zoom sur le TDA1541A (sur la carte cannibalisée, celle disposant des
Wima).

Les
fesses de l'animal, sorties fixes, variables, et les deux sorties
SPDIF ! Sur la carte de droite un connecteur "Serial Link" dont je ne
connais pas l'usage.

Bon,
maintenant que ça fonctionne, on peut commencer les choses sérieuses :
Ca marche
Après
un peu d'assemblage je disposais d'un lecteur sale et recomposé, mais
opérationnel : youpi !
Sur
la photo on voit quels sont les boutons les plus utilisés. L'afficheur
est explosé, une maladie chronique des Revox, la lampe verte éclairant
le LCD est HS, et le tiroir est troué !

Dans
la cuisine...
http://i173.photobucket.com/albums/w48/renaudmumu/Revox/IMG_6980.jpg
Mais
il est trop sale, le vilain : à la douche !

On va s'essuyer maintenant :
http://i173.photobucket.com/albums/w48/renaudmumu/Revox/IMG_6983.jpg

C'est
autre chose maintenant : boutons propres, lumière verte, tiroir changé,
LCD remplacé :

Miam
!


Compléments
Jem posait deux
questions, dont voici les réponses
- Oui,
le Revox B126 effectue la lecture des CD-R correctement. De mon
expérience, les mécaniques Philips lisent les CD-R à moins d'être
déréglées.
- Encore "OUI", le Revox B126 effectue
correctement la lecture des disques dont la durée dépasse les
70 minutes.
J'espère pouvoir présenter un autre
modèle au premier semestre 2008.
Quelques échanges de messages
Q.
Je vous remercie pour votre réponse rapide. Je suis allé sur votre site
et ai téléchargé votre SM du B226; seulement, je n'arrive pas à voir
plus que la page de garde en .TIF ; sans doute faut-il disposer d'un
logiciel particulier.
R. C'est bon, je l'ai mis en PDF.
Q. Je restaure mon
B226S auquel je suis en train de changer la partie du chassis qui est
en Zamac
R. WHAAAAAA ! Comment tu fais pour changer la partie
en zamack ? Tu as trouvé des pièces ?
Q. Ben, c'est simple, j'ai acheté la pièce en Zamac chez MVT
Révox, à
Paris rue legendre. Je crois 160 euros + port avec le jeu de joints
toriques. Très cher !
Autrefois,j'avais
trouvé sur un site
italien quelqu'un qui avait fabriqué lui même cette pièce, mais quand
j'ai vu de près le chantier, j'ai laissé tomber.
Quelques
liens
B126 XLR pour la
radio
Dans cette version fournie par
la compagnie ASC (étiquette en face avant) dans les années 1990 pour les radios, les prises XLR
analogiques sont installées, au dessus des sorties Cinch.
(Les
photos sont tirées d'une annonce ibaie "Royal Hifi" n°160216709718)
Différence avec ma
version grand public : la robe gris / noir !
La photo montre un switch mono / stéréo :

Notez la mention "BROADCAST CD PALYER", et j'ai bien l'impression qu'un interrupteur (rouge) a été ajouté aussi.

ASC en bas à gauche :

On remarque sur la photo qu'il s'agit
d'une carte active installée dans l'appareil.
