Revox - Revox B250
Novembre 2009 - Jean Yves R.
L’amplificateur intégré Revox B250
Présentation

Au début des années 80, Revox avait une gamme d’éléments innovants et
performants : l’amplificateur B251, le tuner B261, la platine CD B225
et cassette B215. Cette série était malheureusement incohérente
(esthétique et dimensions différentes) et présentait quelques problèmes
techniques (fiabilité du B251 et évolutions de la B225 en 16 bits). Une
évolution vers des produits plus uniformes et une fabrication plus
rationnelle devenaient nécessaire.
En 1986 c’est en fait 2 nouvelles séries qui furent présentées au
publique. La série 200 avec l’amplificateur B250, le tuner B260 et le
CD B226 ainsi que la série 100 « économique » avec le B150, B160 et
B126 respectivement aux performances légèrement moindres. L’ensemble
des appareils reprennent la même esthétique « à bas profil », ainsi que
les mêmes bases mécaniques et électroniques.
Sous un encombrement assez réduit 450x109x332 mm et sous son design
très sobre (verre fumée, aluminium), le B250 cache bien son jeu : à
l'intérieur c'est un vrai monstre.

Construction modulaire "professionnelle"
Caractéristiques techniques (constructeur) :
Puissance de sortie
:
200 W (sinus) par canal sous 4 ohm
Distorsion
:
0.006 % à 180W / 4 ohm
Bande passante
:
20Hz à 20KHz, +0 / -0.2 dB
Rapport signal / bruit
:
98 dB, niveau ligne, pleine puissance
Diaphonie:
100 dB, 10KHz
Poids
:
15 Kg
Prix (1987)
:
2400.- Francs Suisses (soit 1600€).
Options :
Carte pré amplificateur phono MC.
Contrôleur B200 : 4 entrées audio et vidéo supplémentaires, multiroom,
timer.

Les nombreuses entrées et sorties du B250
Comme d’habitude chez Revox le bandeau aluminium en haut de la façade
regroupe les fonctions principales, les fonctions secondaires sont
cachées derrière une vitre fumée, basculante en partie inférieure
droite. La nouveauté est un afficheur VFD vert de 20 caractères
alphanumériques sur la partie gauche : L'affichage des fonctions se
fait en texte ou par symboles (barre de volume, balance…).

Afficheur alphanumérique VFD
Toutes les fonctions d’un intégré « moderne » haut de gamme sont
présentes:
Télécommande infra rouge pour toutes les fonctions.
6 entrées
en série (Tuner, Tape 1, 2, Aux, Cd, Phono MM), 4 supplémentaires en
option.
Ajustement
du niveau de chaque source sur env. +/- 15dB avec dispositif de réglage
automatique ou manuel.
Ampli /
pré ampli totalement séparable.
Paramétrage du volume de mise sous tension, pour chaque groupe
d’enceintes, pour la sortie pré ampli et pour le casque.
Sélecteur
d’enregistrement séparé pour deux magnétophones avec sortie des bus
(record, monitor).
Afficheur
LCD supplémentaire pour les fonctions secondaires..
Réglage de
la capacité du système (cellule et câble) sur l’entrée phono.
Bus de
liaison bidirectionnel qui permet le dialogue avec les autres éléments,
notamment dans un environnement multiroom.
Construction
Après les cafouillages du B251 (voir autre article), la conception est
ici mature et optimisée.
La construction est totalement modulaire. Les cartes sont inter
connectées par un fond de panier disposé en partie avant de l’appareil
: La carte alimentation, les deux amplis de puissances, la carte de
réglage de volume et le pré ampli phono son interchangeable en quelques
instants. Une carte arrière regroupe toutes les entrées et les sorties
: les pré amplificateurs sont disposés à quelques centimètres des
entrées respectives.

La carte entrées / sorties avec les pré amplificateurs
L’ensemble est commandé par deux micro contrôleurs (microprocesseurs)
montées en façade près des boutons et des afficheurs. Le transformateur
d’alimentation de 800VA est capoté, moulé sous résine et suspendu par
silentblocs.

Les cartes lors du changement des condensateurs (amplis, réglage
volume, phono et régulateurs)

Le châssis avec le transformateur, le fond de panier et la carte E/S
Chaque étage de puissance dispose de son alimentation avec deux gros
condensateurs de 22000µF. Il est composé de 4 paires transistors de
puissances complémentaires, montés sur un énorme radiateur. Les
tensions d’alimentation son étagées pour limiter
l’échauffement (tension inférieure pour l’ampli en courant
par rapport à l’ampli en tension). Une surveillance de température est
effectué sur les radiateurs et dans le transformateur. Les sorties
disposent d’une limitation électronique du courant et d’une détection
de composante continue (comme il se doit). Le contrôleur abaisse
automatiquement le signal ou coupe l’amplificateur en cas de défaut est
affiche ce dernier.

La carte clavier, afficheurs et microprocesseurs (nettoyage des
contacts)
Restauration
Attention : L’amplificateur présente des hautes tensions dangereuses.
Pour une intervention, il est nécessaire de faire appel à des
professionnels, formés et équipés en conséquence !
Ce Modèle de 1987 est donc un des premiers, extérieurement très
correct, avec une petite panne dans l’alimentation. Je décide de
remplacer préventivement tous les condensateurs chimiques. Le nettoyage
obligatoire est suivit des réglages et des mesures d’usages
(alimentation, courant de repos, offset, puissance).

Essais, réglages et mesures
Conclusion
Le B250 a été construit de 1986 jusqu’à la fin 1992, sous 3 esthétiques
différentes (série S noire et E titane).
L’ergonomie est exemplaire.
L’esthétique est plutôt sobre, discrète.
La qualité de fabrication est professionnelle.
Excellente fiabilité (échauffement limité, dispositifs de sécurité).
J’ai personnellement acheté « le petit frère », le B150 en décembre
1990, neuf, avec le tuner B160 (pour une petite fortune), Les deux
tournent quotidiennement sans aucun problème. Ils ont même reçus la
compagnie de parents proches…
Je ne peu donc que vivement conseiller cet appareil (ainsi que le
B150), beaucoup de pièces sont encore disponibles. Attention toutefois
aux transformateurs d’alimentation, ils commencent à présenter des
défauts (ronflements, vibrations, casse total). Ils ne sont plus
disponibles et quasi impossible a remplacer par un autre produit
(transfo bobiné sur mesure, alimentation à découpage ?).
R. J-Y 10/2009.