SETTON -
PS5500 Restauration
Rédaction Septembre 2009, mise en ligne Mai 2009
Restauration SETTON PS5500
Présentation
Ce préampli est complément
naturel de l'ampli du puissance de la marque, le Setton BS-5500 déjà
largement chroniqué sur TVC. Cet exemplaire a été acheté à part (sans
l'amplificateur) pour 150 euros plus le port (18 euros). Le boîtier est
beau sans rayure et le potentiomètre du volume est propre et
silencieux. Je suis satisfait. Comme il s'agit de mon deuxième PS-5500,
je me dis que je vais rénover celui-là, en gardant l’autre en référence
(en septembre 2008). Au moment de la publication de l’article, en mai
2009) je l’ai échangé contre un tuner Setton TUS-600.
Avant de
poursuivre la lecture de l’article, je conseille la lecture du banc
d’essai de l’ensemble PS 5500 + BS 5500 de NRDS Novembre 1977
disponible sur TVC. Le Service Manual est aussi disponible sur TVC.
Le
pré amplificateur Setton PS 5500
Sorti en 1978, ce pré
amplificateur est richement doté d’accessoires très représentatif de
l’époque des platines vinyles et magnétophones. Les correcteurs
sont à triple réglages séparés entre voie droite et gauche. Sont
présentes deux entrées phono (non MC), dont une avec sensibilité
réglable associée avec un mixer entre deux entrées dont le micro, une
entré microphone dynamique et deux magnétophones. Personnellement, je
ne me sers plus de magnétophone et très peu de platine tourne disque.
En autre cet équipement permet de traiter deux entrées phonos, deux
AUX, un tuner, 2 magnétophones et une entrée micro. Il possède tous les
filtres possibles pour la lecture des vinyles et le souffle des
magnétophones, ainsi que trois sorties non commutables (c’est la limite
à mon avis de ce modèle). Le sélecteur Mode permet de permuter droite
et gauche pratique dans certaines situations, et il y a 3 mode de Mono,
L+R, R, L. Ce pré ampli est une sorte de petite machine de mixage 2
voies avec possibilité de mélange.

Architecture
générale
L’architecture
électronique est plutôt simple : une alimentation linéaire régulée
+24V/-24V construite en composants discrets, un amplificateur linéaire
faible bruit, puis un deuxième suivi d’un buffer. Un buffer est ampli
dont le gain en tension est de 1 mais avec un gain en courant supérieur
à 1 et propose en général une impédance de sortie faible, plus faible
que n'importe quel ampli op. Ainsi il est capable de driver 3 sorties
simultanés. Tout les préamplificateur de qualité ont une sortie line
puissante. Pour finir, il y a un ampli casque de facture honnête.
La sortie maximum est autour de 9 Volt RMS ce qui laisse une
marge par rapport au 1 à 2V nécessaire pour saturer un amplificateur de
puissance, la saturation intervenant dans le premier étage.

Sur
la partie gauche de l’appareil et en bas de la carte électronique et au
dessus du transformateur, on trouve l’alimentation et le buffer de
sortie ainsi que l’ampli casque le tout sur la même carte. A droite on
trouve l’ampli « line », au dessus des potentiomètres
de volume et de balance, et les cartes fonctions accessoires comme le
mixer et fader.
L’alimentation
La
partie alimentation occupe le bas de la photo. On y trouve les deux
capacités de filtrage dans le coin à droite, les transistors ballast un
peu au dessus, à gauche les demi-ponts de diodes. Vers le haut de la
photo, on trouve à droite l’ampli casque, et à gauche le buffer de
sortie. Le truc vert est le relai de sortie.
C’est une
alimentation linaire à transistors double. Il existe une relation entre
le +V et –V, c'est-à-dire que si la tension positive baisse, la tension
négative baisse (augmente en valeur absolue). L’élément de tension de
référence est une diode Zener. Les transistors ballast en boîtier
TO220 sont équipés de radiateur, voila de quoi sortir un peu plus de
500 mA. Les condensateurs « supply » sont des 1000µF/50V. C’est un
schéma classique pour une alimentation en transistors discrets. Les
tensions de sortie sont : + 23,750 V, -24,350 V.

Ampli
line
L’ampli
"line" est bâti autour deux étages différentiels et étage d’adaptation.
Les transistors sont du type "audio faible bruit" de plus de 100V
(2SA1778) et de transistor double pour la paire différentielle qui un
gage de bon fonctionnement dans toutes conditions de température et de
tension (2SA798). Ces transistors japonais n’ont pas d’équivalent
direct chez les européens et américains. Comme ils sont aussi employés
dans un ampli tuner RS 660 de la marque, alors j’en achète une poignée
pour 4 euros pièces.
Le circuit de « tone » est un réseau
résistif + capacitif pris en contre réaction entre la sortie du premier
étage et le troisième. La mode défaut utilise les même composants
actifs que le mode « tone corrector ».
Les accessoires
Le mélangeur micro et l’atténuateur « fader »
Un
ampli opérationnel fait le boulot de mélangeur entre la voie
AUX2/PHONO2 et AUX1 et un autre réalise le fading entre de deux voies.
Etat
général de l’appareil
Pas
de pulvérisation de deoxit en vue. En règle générale, je me sers d’une
bombe quand le potentiomètre crachouille. Le mieux est l’ennemi du
bien.
Les
transistors moisis :
A
vrai dire, ils ont une sale tête, les pattes sont noircies d’oxydation.
Comme le dit ma fille, ils sont moisis.

Et
surfant, j’ai lu que c’est une maladie congénitale des transistors
japonais. Dans cet état ils sont à changer. Comme je n’ai que des
BC550C et BC560C européens, je commence par me repérer en 3D pour
tordre les pattes et monter le transistor du premier coup. Par rapport
aux transistors d’origine la tension de service est au alentour de
100V, le Vcemax de mes transistors est de seulement 45V ce qui est
juste suffisant mais suffisant pour les +/- 24 Volts des rails
d’alimentation.
Les
capacités
Si
toutes les capacités sont de marque ELNA qui était un gage de qualité à
l’époque ne résiste pas aux trois décennies. Beaucoup sont fatiguées,
rétrécissement de la fine couverture plastique. Comme d’habitude, je
mets des BlackGate pour les liaisons, Styroflex pour les valeurs
inférieure 2,2 nF et Panasonic, Elna SILMIC II en sortie du préampli.
Pour les capacités C32 et C33 en sortie d’alimentation, je les double
par des céramiques multicouches CK05BX 220 K de 220 pF.

Le
tour du propriétaire. Les condensateurs de couleur marron sont les
condensateurs de sortie ELNA SILMIC II, les
condensateurs rouge vif sont des condensateurs polyester WIMA
MKS2 dans le buffer de sortie sur le chemin audio, les petits rouge
sont des blackgate non polarisés, il y a encore deux blackgate et sur
le devant des OSCON. Le truc vert est le relai fabriqué par HITACHI qui
coupe ou non les sorties (toutes les sorties). Ce modèle de relai se
retrouve dans le tuner TUS 600.
On
remarque les pattes tordues des transistors, les résistances à couche
métallique. Si on sépare de la photo la partie haute qui contient le
buffer de sortie, la partie basse est l’ampli casque.
Au
pied du SILMIC II on observe une matière noire, c’est de la colle à
composant pour fixer les composants hauts qui peuvent gigoter, toujours
néfaste à l’écoute ( effet microphonique).
Modifications entreprises
Alimentation
linéaire
Les
capacités de filtrage sont maintenant de taille supérieure 3300 µF/50V(
1000 µF/50V à l’origine). Cette taille est plutôt choisie par rapport
aux dimensions physiques de celle-ci (18 mm de diamètre). J’ai pris un
modèle de Panasonic dans la gamme audio ECA. Ce sont les gros pour un
diamètre 18 mm. Tous les condensateurs chimiques de l’alimentation ont
été changés et remplacées par des modèles de qualité supérieure (Low
ESR) soit 7 au total.
Ondulation
avant le régulateur
Dans
son jus
Après le changement des capacités de filtrage (3300 µF à la plce de
1000 µF), on observe une ondulation toujours en dent de scie à 100 hz,
mais d'amplitude nettenement plus faible d'un facteur 10 ce qui est
supérieur aux prévisions (facteur de 3,3), ce qui implique les
capacités d’origine ne faisaient plus leur travail. Même le bruit en
sortie diminue en passant de 95 µV à 89 µV soit une réduction de
l’ordre de 6%.
Amélioration de l’alimentation
Pendant
mes mesures, je constate que les tensions +24V et -24V sont très
proches de la valeur absolue pour l’OPA 2604 (48V) que j’envisage
d’utiliser. J’observe que la dérive de la diode Zener qui sert de
référence de tension ne se stabilise pas avant 15 minutes. Je prends la
décision de remplacer la Zener par une référence de tension LM326. Cela
nécessite une adaptation des résistance R63 qui passe à 12115 ohms et
R62 qui passe à 1817 ohms.
Aux mesures, la référence de
tension fait bien son travail, il s’agit donc d’une amélioration qui
permet d’avoir une électronique stabilisé en température plus
rapidement c'est-à-dire en moins de 5 minutes.
Mais le
transistor Q13 est à proximité du radiateur de Q15 et son Vbe varie
encore. Il faudrait déplacer Q13. Je laisse cela à plus tard.
Amplificateur linéaire
Suite
à une mauvaise manipulation, le transistor Q4 (2SC1775) a été cassé au
ras du boîtier: effroi du samedi soir dont j’ai horreur. Un rapide coup
d’œil sur google, et me dit que c’est un transistor fabriqué par
Hitachi comme un « low noise amplifier : 90V, 50 ma, hfe de 160..1200,
noise figure 5 db à 10Hz » achetable chez Dönberg electronics pour 1
euros. Je les remplace avec des BC550C avec les conditions que
cela impose.
Bref un transistor japonais de course, le meilleur
compétiteur en Europe est le BC550C ne fait que 45V mais légèrement
plus silencieux. Mais dans le cas présent, la tension aux bornes de Vce
est autour de 24 V ce qui permet d’utiliser un BC550C en remplacement
moyennant une torsion de pattes.
Le transistor Q3, Q4
dissipent 240 mW (24V pour un courant de 1 ma) soit proche de ses leurs
limites. C’est la raison pour laquelle ces transistors sont dotés d’un
petit radiateur. Même si les BC550C ont une puissance max est de 500
mW, je remets en place les radiateurs. Moins chaud, moins de bruit …
Comme
la résolution du problème a pris du temps, j’ai aussi changé toutes les
résistances de l’ampli line et le buffer de sortie par des modèles à
couches métalliques anciennement de Philips MRS25 à 1% de précision et
50 ppm de stabilité.
Maintenant recherche des pannes « Transistor moisi égale à changement immédiat »
Après
ces premières modifications ou presque tous les condensateurs ont été
changées à l’exception de l’étage phono, il y a plus de bruit (facteur
2) sur la voie de gauche. En cherchant et en isolant chaque sous
circuit, je trouve le fautif : la partie gauche de l’ampli casque : Q7
Q9 Q11. Je décide de faire la même opération sur le canal de droite.
Il
subsiste un problème : de temps en temps le préamplificateur génère un
bruit énorme puis s’arrête tout seul. Devant le constat qu’il reste
encore des transistors moisis sur la voie de gauche, je change d’abord
les transistors les plus faciles d’accès. Toujours pas d’amélioration.
J’en viens aux transistors de l’ampli "line" coté gauche et toujours
pas d’amélioration mais il faut une semaine pour apercevoir le souci.
Je suis bien embêté, je pensais avoir trouvé la solution. Cela fait
déjà trois mois que je travaille sur ce préamplificateur. Néanmoins
j’ai un doute : je me suis trompé de voie sur la carte ampli line. J’ai
changé les transistors de la voie droite. Donc je change les
transistors sur la voie de gauche. Le problème a disparu et je mets un
mois pour affirmer que le problème est du passé. Maintenant tous les
transistors audio ont été changés.
Les mesures de l’appareil modifié
Voie droite : 76 µV RMS
Voie gauche : 74 µV RMS
Si
l'on considère que la sortie maximale est de 9.5 V RMS, cela fait un
ratio S/B de 102,1 dB la voie gauche, et 102,05 dB pour la voie droite.
Ce sont bon chiffres pour un préamplificateur comme quoi changer les
capacités chimiques fait reculer le bruit de fond.
Mes instruments
Il
est à noter que les mesures de bruit se font avec une fréquence de
coupure du l’amplificateur différentiel AM 502 de Tektronix. Le gain de
l’AM va de 100 à 100 000 de quoi traquer le µV. La bande passante est
limitée à 1 Mhz. La fréquence de coupure est réglable et en partant de
1 Mhz puis 300 KHz puis 100 KHz jusqu'à 10 KHz. La sortie de l’AM 502
est reliée à l’oscilloscope Tektronix TDS 3034 (4 voies à 300 Mhz).
A
l’aide d’un générateur de signaux Agilent 33120A j’observe un décalage
de niveau entre les voies droites et gauche égale à 0.1 db. Je décide
de laisser le préamplificateur dans l’état.
Compte rendu d'écoute
Pour
réaliser des écoutes dans conditions proches de celles qui ont prévalue
pour l’ampli de puissance BS 5500, je file vers vers le sud avec mon
appareil sous le bras ! Après
une mise en chauffe de trois heures, on le pose sur la première surface
disponible : un bloc tiroir en contre plaqué façon fabriquant
de meuble en kit du grand nord. La source est un Wadia X64.4 et le
drive TEAC P10.
Première
minute... Le
grave n’est pas bien place, il est trop pâteux et perturbe le médium.
Renaud décide de placer le PS 5500 à la place de son Audio Research SP 14 :
liège, granit radioactif, et nouvelle écoute : plus de
problème sur le registre du grave, laisse apparaître le médium la scène
3D se forme.
Deuxième
séance... On
écoute un puis deux disques et Eric arrive avec ses disques de
référence qu’il connaît par cœur. Après une écoute, Il propose
d’enlever les pieds et de poser le Setton directement sur le support
que lui utilise avec son pré ampli. Nouvelle écoute, et c’est mieux, la
scène redescend. On discute mais des résistances
apparaissent : certains dont je fais partie pensent que les
pieds font partie de l’esthétique générale d’un appareil, d’autres pour
qui seul le résultat sonore compte.
En
préparant cette écoute quelques semaines auparavant, je m’étais posé la
question des influences microphonique et j’avais pris la décision de
fixer avec une colle adaptée tous les condensateurs chimiques un peu
haut sur pattes.
Dans
la soirée, on branche la platine vinyle Technics PLL 1000 avec sa
cellule Decca London sur l’entrée phono du PS 5500. On passe le disque
de Rickie Lee Jones et le résultat est excellent, cet enregistrement
est vraiment bon. N’ayant pas fait de comparaison immédiatement entre
le merveilleux SP 14 et le Setton je suis dans l’incapacité de me
prononcer.
Conclusion
Le
Setton PS 5500 est digne de son amplificateur de puissance Setton BS
5500 recappé. C’est un pré ampli de bon niveau, pour peu que l’on
soigne son placement. Je tiens quand même à rappeler que cet
appareil a eu droit à un recappage quasi complet. Acheté 150 euros dans
son jus, j’évalue le cout du recappage à 50 euros, soit 200 euros au
total.